PORTRAIT D'ARTISTE

Marie Lhomet
Marie Lhomet

Qui suis-je?

Artiste plasticienne j’ai étudié l’histoire de l’art à l’université de Tours puis intégré l’Institut Supérieur des Arts Appliqués de Paris après une prépa MANAA. Sortie major de promotion, j’ai entamé une carrière d’illustratrice coloriste avec un solide savoir-faire.

En parallèle de ce travail de commande, je me suis, rapidement, affranchi de ses contraintes pour me laisser guider par les couleurs et peindre de façon méditative. Ces œuvres, plus sensibles, sont entrées dans des collections particulières à travers le monde (Japon, États-Unis, Europe).

Les années suivantes sont marquées par des expositions à l’Unesco, au Grand Palais et dans les Salons Historiques comme le Salon des Beaux Arts où je suis devenue en 2016 Présidente de la section Papier, Papiers et curateur de ce dernier.

En 2010, mon travail est remarqué par le PDG d’Art Print Japan qui me proposera de faire l’acquisition de l’ensemble de mes œuvres et m’invitera au Japon afin d’entamer une collaboration qui se révèlera fructueuse et passionnante. 

En effet, depuis dix ans, je parcours ce pays pour des séances de dédicaces, de rencontres, de ventes auprès de ma communauté japonaise de fans. À cette occasion, je découvre les papiers, l’importance de la contemplation et la parfaite imperfection du geste.

En 2019, différents prix et récompenses, dont le prix ODI doté de 10 000€, me sont décernés. 

Lorand Hegyi, historien d’art, ancien directeur du musée de Saint-Étienne et actuel directeur artistique du Musée Parkview Beijing/Singapore écrit sur mon travail cette même année.

« L’univers pictural de Marie Lhomet révèle une intériorité poétique, intime, fragile et émotionnellement intense, qui témoigne de la recherche de «micro-situations» humaines et du désir profond de trouver des espaces intérieurs d’empathie solides, silencieux et harmonieux. La simplicité, la transparence et la tranquillité de ses œuvres correspondent à sa vision esthétique générale de la vie et de la nature. » 

Dr.Lorand Hegyi Historien d’Art / Directeur Artistique du Musée Parkview Beijing/Singapore

Ma rencontre avec l’art

Je viens d’une famille où l’importance de la main a toujours était de mise. Mon arrière-grand-père diplômé des Beaux Arts a ouvert la voie et c’est au cours de mes études d’histoire de l’art que le besoin de créer est devenu primordial.

Ma plus belle rencontre est celle du papier fait main ou recyclé. Cette matière n’est pas fragile. Elle est comme moi, sensible. Je reprends à mon compte des techniques séculaires et artisanales. Je m’applique à atteindre un savoir-faire de l’ordre du geste, de l’humain, de la transmission.

Un projet qui me tient à coeur

De la fibre à l’œuvre finie, je transforme, je crée tout de mes mains : j’ai, ainsi, réalisé l’importance de faire évoluer ma pratique vers quelque chose de plus éco-responsable. 

Il y a l’eau, indispensable à la création du papier : j’essaie de transformer mon atelier pour consommer le moins possible et la recycler. Et puis, il y a le papier dont la moindre morceau est réutilisé jusqu’à épuisement.

J’utilise essentiellement des liants végétaux comme le neri et la colle de riz et je n’ai de cesse de chercher à utiliser des plantes tinctoriales utilisées depuis le néolithique pour teindre mes fibres.

Mon dernier geste sur le papier est toujours un ajout de cire, végétale ou d’abeille, utilisée depuis l’Antiquité (on en trouve une description dans l’encyclopédie de Pline l’Ancien) comme technique de peinture. Les surfaces cirées deviennent alors moins poreuses, plus denses et imperméables à l’eau et à la poussière.

Témoin de mon temps, j’ai commencé une série sur les lichens et les mousses : preuves de la pollution atmosphérique qui sera présentée lors d’expositions dont la première à l’Orangerie du Sénat en juillet 2021 dans le cadre de l’opération « L’été du jardin » et la seconde à l’occasion du Salon Art Géo 200 en Décembre 2021 pour célébrer les 200 ans de la Société de Géographie.

Mon rêve, mon inspiration

« Je rêve de travailler le papier en volume. Je prépare une performance dansée avec trois costumes, sorte de sculptures animées, inspirés du folklore des yōkai (fantômes japonais) et de l’homme des bois. » (Marie Lhomet)